Bannière blog CYPIOS

Alimentation, santé et cerveau : 3 Piliers pour nourrir vos fonctions cognitives

Vous connaissez cette sensation de « brouillard mental » à 15 heures ? Ces difficultés à vous concentrer sur un dossier ou cette irritabilité qui monte sans raison ? Nous accusons souvent le stress ou le manque de sommeil. Il sont les coupable parfaits. Pourtant, nous oublions notre assiette, l’acteur le plus influent de notre journée. Le lien entre alimentation, santé et cerveau repose sur une connexion biologique directe et puissante. Ce que vous mangez ne nourrit pas seulement votre corps mais construit aussi vos pensées, votre mémoire et votre humeur.

Sommaire

Un cerveau sur-sollicité et sous-alimenté

Notre cerveau est un organe incroyable. Bien qu’il ne représente que 2% de notre poids, il consomme à lui seul plus de 20% de l’énergie totale que nous ingérons. C’est un véritable poste de commandement qui tourne à plein régime, 24h/24.

Le problème et que dans nos vies modernes, rythmées par l’urgence et la performance, nous ne le considérons pas suffisamment et lui donnons le mauvais carburant.

Ces choix, dictés par la facilité, ont une conséquence directe et invisible : la neuro-inflammation. On pourrait la décrire un « petit feu » silencieux qui s’installe dans notre cerveau. Cette inflammation chronique de bas grade, souvent invisible pendant des années, agit comme une sorte de rouille sur les connexions neuronales pour finir par ralentir la communication entre les neurones. Elle est le socle de nombreux maux modernes : fatigue chronique, troubles de la concentration, déclin de la mémoire et dysrégulation de l’humeur.


Comment utiliser l’axe intestin-cerveau comme levier de bien-être

La découverte scientifique majeure de ces dernières décennies est celle de l’axe intestin-cerveau. Il faut s’imaginer une autoroute à double sens, une ligne téléphonique directe qui relie ce que nous avalons à ce que nous pensons.

Notre intestin, souvent appelé « deuxième cerveau », abrite des milliards de bactéries : notre microbiote intestinal. Ce microbiote est une véritable usine qui digère les aliments et, surtout, fabrique des molécules essentielles. Par exemple, plus de 90% de notre sérotonine (l’hormone de la sérénité et du bien-être) est produite dans notre ventre, pas dans notre tête !

La solution pour optimiser le lien entre alimentation santé et cerveau est donc claire : il faut prendre soin de notre microbiote. En nourrissant les bonnes bactéries, nous leur donnons les outils pour fabriquer les messagers chimiques (neurotransmetteurs) qui favorisent un cerveau calme, concentré et efficace. Nous passons d’une alimentation qui crée de l’inflammation à une alimentation qui la combat et construit activement notre santé mentale.


Les 3 piliers d’une alimentation cérébrale performante

Passer à l’action ne signifie pas tout changer radicalement. Il s’agit d’intégrer progressivement et intelligemment les bons matériaux de construction pour votre cerveau.

Pilier 1. Construire la structure avec les bonnes graisses

Votre cerveau est composé à près de 60% de lipides (graisses). C’est sa matière première. Mais attention, il n’exige pas n’importe quelle graisse. Il a un faible pour les oméga-3.

  • Pourquoi ? Les oméga-3 (surtout le DHA, acide docosahexaènoïque) rendent les membranes de vos neurones souples et fluides. Cela permet aux messages de circuler plus vite. Pensez-y comme à huiler une chaîne de vélo.
  • Où les trouver ?
    • Petits poissons gras (sardines, maquereaux, harengs, saumon sauvage)
    • Huiles végétales de colza et de lin (à conserver au frais et à ne pas cuire)
    • Noix de Grenoble, graines de chia et de lin (pour les gourmands voici une recette de gâteau riche en oméga-3)

Pilier 2. Fabriquer les messagers grâce aux protéines et vitamines

Vos neurotransmetteurs (dopamine pour la motivation, sérotonine pour l’humeur entre autre) sont fabriqués à partir d’acides aminés, les « briques » qui composent les protéines.

  • Le tryptophane : c’est le précurseur de la sérotonine. On le trouve dans les œufs, les amandes, la banane, la dinde, les légumineuses.
  • La tyrosine : essentielle pour fabriquer la dopamine. Présente dans l’avocat, le poulet, les graines de courge.
  • Les vitamines B (B6, B9, B12) : ce sont les « ouvriers » sur le chantier. Sans elles, impossible de transformer les acides aminés en messagers. On les trouve en abondance dans les légumes verts à feuilles (épinards, brocolis), les céréales complètes et les lentilles.

Pilier 3. Protéger le cerveau à l’aide des antioxydants

Pour éteindre le « petit feu » (l’inflammation) dont nous parlions, il faut des « pompiers ». C’est là que les antioxydants entrent en jeu. Leur rôle est de neutraliser les radicaux libres, les molécules « déchets » qui endommagent nos cellules.

  • Les polyphénols : C’est la famille de pompiers la plus efficace.
  • Où les trouver ?
    • Fruits rouges : Myrtilles, framboises, cassis (même surgelés !).
    • Légumes colorés : Poivrons, carottes, betteraves. Plus il y a de couleur, mieux c’est.
    • Autres champions : Le thé vert, le curcuma, le chocolat noir (+70%) et l’huile d’olive extra-vierge.

Comment remplacer les mauvaises habitudes : les échanges gagnants pour votre cerveau

Pour vous aider, voici un tableau avec quelques substitutions simples à mettre en place dès demain midi :

Au lieu de…Privilégiez…Le bénéfice cérébral
Le sandwich pain blanc / chipsLa salade composée copieuse (quinoa, lentilles, épinards, saumon, carottes).Apport en fibres, oméga-3 et vitamines B. Stabilité de l’énergie.
La barre chocolatée à 16hUne poignée d’amandes ou de noix de cajou et un carré de chocolat noir 70% ou 1 ou 2 fruits secs.Bonnes graisses, magnésium et tryptophane. Évite le pic de sucre.
Le soda ou jus de fruitsUn grand verre d’eau avec du citron ou un thé vert.Hydratation (le cerveau c’est 75% d’eau !), vitamines et polyphénols antioxydants.
La vinaigrette industrielleUn filet d’huile de colza et de l’huile d’olive avec vinaigre, sauce soja…Le plein d’oméga-3 et d’anti-inflammatoires naturels.

Vous l’avez compris, le lien alimentation santé et cerveau est au cœur de votre bien-être quotidien. Chaque repas est une décision qui peut soit alimenter le brouillard mental, soit le dissiper. En choisissant les bons matériaux et les bonnes briques, vous améliorez votre santé, optimisez votre concentration, votre mémoire et votre stabilité émotionnelle.

Il est important de souligner que l’impact de l’alimentation sur le cerveau est un domaine de recherche en constante évolution. De nouvelles études sont nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes moléculaires impliqués et identifier les nutriments et les schémas alimentaires les plus bénéfiques pour la santé cognitive.

Contactez-nous pour organiser une conférence sur la nutrition et la performance cognitive qui changera la vision de vos collaborateurs sur leur pause déjeuner.

Pour vous guider, vous pouvez consulter cette conférence : Nourrir son cerveau

Références 

Gutierrez, L., Folch, A., Rojas, M., Cantero, J. L., Atienza, M., Folch, J., … & Bullo, M. (2021). Effects of nutrition on cognitive function in adults with or without cognitive impairment: a systematic review of randomized controlled clinical trials. Nutrients, 13(11), 3728.

Xu, W., Tan, L., Wang, H., Jiang, X., & Tan, C. C. (2021). Dietary Patterns and Cognitive Decline in Older Adults: A Systematic Review and Meta-Analysis of Prospective Cohort Studies. Advances in Nutrition, 12(1), 251-268.

Tooley, K. L. (2020). Effects of the human gut microbiota on cognitive performance, brain structure and function: a narrative review. Nutrients, 12(10), 3009.

Gillespie, K. M., White, M. J., Kemps, E., Moore, H., Dymond, A., & Bartlett, S. E. (2023). The Impact of Free and Added Sugars on Cognitive Function: A Systematic Review and Meta-Analysis. Nutrients, 16(1), 75.

Klimova, B., Novotny, M., Schlegel, P., & Valis, M. (2021). The effect of Mediterranean diet on cognitive functions in the elderly population. Nutrients, 13(6), 2067.